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Cinq dans les yeux de Satan – Abdelhamid Ali-Bouacida
[…] Tout à l’heure je prendrai l’autocar et, pareil au jeune homme de la chanson, je rentrerai brisé après avoir poursuivi des volutes de fumée. Alors, dans cette froide journée de janvier, je me mis à manger des fèves fumantes et salées en serrant très fort la main d’or qui gisait au fond de ma poche.
(Extrait de la nouvelle «Cinq dans les yeux de Satan
Plusieurs des textes de ce recueil se rapportent à Constantine où l’auteur vécut près de quarante ans.
Clandestine – Hamid Grine
« Fille de Bentalha ? Qu’y avait-il de particulier à être une fille de Bentalha ? Il avait cru entendre vaguement ce nom quelques années auparavant. Un village du malheur. La jeune fille déglutit péniblement puis reprit :
- J’avais douze ans quand ils sont venus pour massacrer tout le monde dans mon quartier de Haï Djilali à Bentalha, dans la banlieue est d’Alger…Toute la famille était dans le salon devant la télé : ma mère, mon père assoupi sur le canapé comme à son habitude ainsi que mes sœurs, quand brusquement il y eut une panne d’électricité suivie, quelques instants plus tard, de cris affreux, des cris de suppliciés de l’enfer… »
Bentalha, cette blessure encore à vif de notre mémoire collective a donné matière aux passages les plus poignants de ce nouveau roman de Hamid Grine.
Coeur d’Amande – Yasmina Khadra
«J’ai souvent touché le fond, sauf qu’à chaque tasse bue, je remonte plus vite qu’une torpille. Renié par ma mère pour anormalité physique, je me réinvente au gré de mes joies. J’aime rire, déconner, me faire mousser et rêver de sacres improbables. J’ai appris une chose dans la vie - pour se dépasser, il faut savoir prendre son pied là où l’on traîne l’autre. Même avec des béquilles ou avec des prothèses, je continuerai de marcher dans les pas du temps en randonneur subjugué. Je ne lâche rien.»
Hymne au courage d’être soi, à l’amour et à la solidarité inoxydable des «gens du quartier», Coeur-d’amande est une formidable bouffée d’air dans un monde en apnée.
Complot à Alger – Ahmed Gasmia
Avec tous les efforts du monde, l’homme embusqué ne put voir que les chaussures
du conspirateur que la lumière du couloir éclaira pendant un bref moment. Deux
petites chaînes accrochées à chacune de ses grosses bottes brillèrent… … je dois dire qu’il se passe des trucs vraiment louches dans votre château, se révolta Adel.
– Que veux-tu dire ? interrogea le dey.
– Ce que je veux dire c’est qu’il y a un crime qui se prépare chez-vous.
Des voix s’élevèrent derrière lui.
– Un crime ! s’étonna le dey.
Le Vizir se tourna vers son seigneur.
– Encore une tentative pour sauver sa misérable vie, dit-il.
Cette phrase ne découragea pas le prisonnier.
– Oui, deux hommes sont en train de comploter pour commettre un assassinat. Je les ai entendu parler de ça, aujourd’hui.
Confessions d’Assekrem – Azzedine Mihoubi
Confessions d’un écrivain pas tenté – Samira Merbah
Constantine – Robert Attal
Toujours marqué par les émeutes raciales de 1934, Robert Attal retrace dans de brèves séquences et dans un style vif et imagé, la vie colorée, chaleureuse et bruyante des scènes de la vie du ghetto de Constantine : le marché de Souk El Acer, le cimetière juif, Zmirda la servante séduite et abandonnée, Julot le coiffeur devenu aveugle, l'oncle Chlomo dont la jeunesse sera piétinée puis détruite par la Grande Guerre, les amours épistolaires, platoniques ou fiévreuses des adolescents.
Arrive la guerre d'Algérie avec un quotidien véhiculant le danger, la violence et une cassure croissante entre Juifs et Musulmans qui vivaient en harmonie. L'espoir renaît le 13 mai 1958 avec le retour du général de Gaulle, accueilli avec une ferveur passagère qui se transforme un an plus tard en désamour. La perspective d'une Algérie dirigée par le Fln fait resurgir chez les
Juifs la crainte d'un retour à leur condition antérieure de dhimis. Pris entre deux feux : l'Oas et le Fln, les Juifs se préparent à un exode définitif après l'assassinat du chanteur Raymond. Robert Attal raconte avec talent l'histoire vivante et tragique du ghetto de Constantine.
À lire !
Constantine l’exil et la guerre – Nora Sari
A travers ces récits, sont développés l’histoire d’une adolescente et de sa famille arrachées à leurs villes natales, Cherchell et Alger, pour s’installer, une décennie durant, à Constantine, où le père de famille, enseignant, fut muté de 1953 à 1963.
Ces années d’exil et de braise seront marquées par la découverte d’une société différente, les affres de la guerre de libération nationale, les liens affectifs et amicaux tissés dans la Ville du Rocher, l’amour de la littérature que la jeune lycéenne continuera de nourrir ces années-là, et qui constitueront pour elle, l’expérience de la vie.
Creuser – Amel Imalhayène
Mais vers où serpente le lent ondoiement des réminiscences ? Au sein de quelles strates suintantes, fécondées par les débris du temps au rythme des conquêtes, des extensions, des déflagrations, se lovent-elles ? De quel crissement perpétuel font-elles résonner, ces ressouvenances, ces revenantes, le mur de nos silences ?
Qu’exigent-elles de nous ?
Creuser.
Creuser, certes, mais il ne suffit pas de prospecter à la recherche d’un gisement d’or pour sonder les sols de nos mémoires abolies, pour soulever la poussière des paroles pétrifiées au fond de nos gorges enfumées. La sédimentation ne se superpose pas fatalement à la verticale, à l’image des cités enfouies. Ce dépôt flotte dans nos terres fertiles, il prend son envol, réveillé par le charme d’un chant dont nous avons, sans prêter attention, épelé le refrain. Libéré de la pesanteur de nos effrois, le précieux limon se déploie, porté par l’espoir et l’amour ; il épouse les vents qui soufflent un air nouveau et prend mille et une formes que nous n’attendions pas.
La mémoire n’est pas morte et nous ne nous lançons pas à l’assaut d’une archéologie mortifère. Elle se métamorphose et notre présent l’informe au gré de nos créations. Nous ne la recueillons pas : nous l’ensemençons.
D’une rive à l’autre Une lecture de “La terre et le sang” et “Les chemins qui montent” de Mouloud Feraoun – Djoher Amhis- Ouksel
Normalienne, inspectrice de l’enseignement, professeur de lettres françaises à la retraite, Djoher Amhis-Ouksel a consacré sa carrière à la formation des jeunes et à leur éveil culturel par la promotion de la lecture, l’appel à la réflexion et à l’exercice de l’esprit critique.
Ayant fait son entrée dans la littérature avec Le fils du pauvre, un roman largement autobiographique, Mouloud Feraoun a composé en un diptyque bouleversant , La terre et le sang et Les chemins qui montent, une œuvre tragique qui rend compte des effets pervers de la colonisation tout en mettant en relief la puissance du lien qui unit l’homme à son terroir natal. Le thème du déracinement, incarné par Amer n’Amer et Dehbia, domine ce nouveau titre de la collection « Empreintes » par lequel Mme Amhis-Ouksel nous convie à une relecture de ces deux fleurons de la littérature algérienne.
D’AMOUR ET DE GUERRE – Akli Tadjer
La quête éperdue d’amour et de liberté d’un jeune soldat kabyle propulsé dans un monde devenu fou.
1939, dans les montagnes de Kabylie. Adam a vingt ans et rêve de construire une maison pour Zina, son grand amour, la plus belle fille de Bousoulem. La vie serait si simple, si douce. Mais la guerre en décidera autrement. Arraché à son village et à sa fiancée, Adam est enrôlé de force par l’armée pour tuer des Allemands qu’il ne connaît pas, dans une France qu’il ne connaît pas.
Après s’être évadé d’un camp de travail réservé aux soldats coloniaux, il découvre avec ses compagnons un Paris occupé où il doit apprendre à survivre, entre rafles et marché noir, mauvaises rencontres et mains tendues. Guidé par ses rêves de liberté, retrouvera-t-il son Algérie et sa Zina bien-aimée ?
Ce roman, véritable bijou d’humanité, est un hymne aux grands oubliés de l’histoire de France.
D’audace et de liberté – Akli Tadjer
Entre le Paris de l’après-guerre et une Algérie qui rêve d’indépendance, le parcours d’Adam, jeune homme mû par une inextinguible soif de justice et de liberté. Arraché à sa Kabylie natale par l’armée française, Adam a survécu à l’horreur de la Seconde Guerre mondiale. Depuis, il travaille dans une tannerie de Gentilly au côté d’Elvire, une jeune femme juive qui a perdu les siens. Leur amour ressemble à l’union de deux solitudes. Idéaliste et fougueux, Adam rêve à demain : lui aussi voudrait être libre comme un Français et maîtriser son destin. Dans les cafés arabes de Mouffetard, il discute avec ses compatriotes de l’indépendance de l’Algérie. Un jour peut-être… Mais voilà qu’Elvire reçoit une lettre qui fait tout basculer. Ensemble, ils devront aller à Beyrouth puis à Jérusalem. Dans ce territoire déchiré, Adam s’interroge. Pourquoi nos rêves de jeunesse nous échappent-ils si souvent ? Et pourquoi rien n’est jamais simple dans la vie ? Ce n’est pas l’arrivée d’Amezyane à Paris qui lui fera dire le contraire. Amezyane, un enfant venu d’Algérie, qui le replonge soudain dans sa mémoire blessée…